Partager l'article ! De la chevrette à la chèvre: Le "destin" d'un cabri est scellé - ou presque - dans sa naissance et sa croissance : - par ses origine ...
Le "destin" d'un cabri est scellé - ou presque - dans sa naissance et sa croissance :
- par ses origines d'abord, qui feront de lui ou d'elle un/e reproducteur/trice si ses parents sont considérés comme génétiquement intéressants pour la production laitière ; ou avec de la chance un animal de compagnie et sans chance un cabri de viande ;
- par sa croissance ensuite qui valide ou non sa carrière en devenir.
Une chevrette qui par sa naissance est promise à une jolie carrière laitière doit confirmer son potentiel par une croissance adaptée qui validera le gabarit adéquat pour une mise à la reproduction automnale. C'est la clé pour des lactations réussies. Tout se joue ainsi dans les premiers mois de vie.
Nous suivons donc régulièrement le démarrage de nos chevrettes de renouvellement jusqu'à la décision de les mettre au bouc, vers l'âge de 7 mois minimum, généralement autour du 15 octobre pour obtenir des naissances décalées par rapport à leurs mères et avoir atteint voire dépassé le gabarit objectif pour la reproduction.
Ce gabarit minimum recommandé est d'environ 34 kg pour les chevrettes de race alpine comme les nôtres. La courbe de croissance s'effectue en général en plusieurs phases :
- entre la naissance et l'âge de 2 mois, une croissance journalière de 180 grammes par jour en
moyenne est nécessaire pour atteindre les 15 kg objectifs à 2 mois ; c'est à cet âge qu'il faut gérer le sevrage
et la transition avec une alimentation à base de fourrages secs et de concentré céréalier ;
- entre 2 et 4 mois, une croissance journalière de 150 g/j en moyenne doit permettre à la chevrette de peser 24 kg à 4 mois ; à cet âge, il est essentiel d'adapter la ration afin de préserver la régularité de la prise de poids ;
- entre 4 et 7 mois, la chevrette doit prendre en moyenne 100 g/j pour atteindre les 34 kg objectifs pour la mise à la reproduction ; c'est à cet âge qu'il faut en parallèle gérer l'apprentissage du pâturage.
Un suivi individuel et des pesées régulières pendant toute cette période sont indispensables pour détecter et corriger les décrochages éventuels de croissance, avec si nécessaire une ration céréalière individualisée.
Voici ce que cela donne sur le lot de chevrettes élevées à la bergerie pour l'année 2010 :
- tableau de pesée et contrôle des GMQ (gain moyen quotidien) : les poids contrôlés sont reportés, avec calcul du GMQ observé et comparaison avec celui attendu ; cela permet de savoir comment la chevrette grandit par rapport à la "normale" et de corriger si besoin (en cas de GMQ plus faible que le minimum souhaitable) ; la ligne en grisé correspond à la croissance du bouc de renouvellement (non informative en tant que telle) ; les lignes en orangé correspondent aux chevrettes à surveiller pour gabarit insuffisant sur la dernière période contrôlée.
- courbes de croissance : les données du tableau sont reportées sur un graphique.
Le lot de chevrettes 2010 est très prometteur tant d'un point de vue génétique que vis à vis du gabarit car elles sont déjà pratiquement toutes aptes au niveau
poids pour la mise au bouc avec pour certaines plusieurs semaines d'avance !